Muriel Thomasset est ingénieure de recherche au C.N.R.S.
Le 9 mars, un an après sa première visite – où elle était alors accompagnée d’une collègue, forcée de renoncer cette année pour des raisons de santé – elle est venue au collège à la rencontre des élèves de 3è1 et de 3è6.
Dans le cadre du projet « Femmes de l’ombre » mené par mesdames Barroux, (professeure documentaliste), Bitauld (sciences de la vie et de la terre), Dupont (mathématiques), Muller (sciences de la vie et de la terre), Sorkine (lettres) et monsieur Maximin (arts plastiques), l’intervention de Muriel Thomasset avait pour but de faire réfléchir les élèves à la place des femmes dans les professions scientifiques.
Ils ont donc été invités à participer à un World Café : groupes de garçons et groupes de filles devaient répondre à des questions différentes visant à élaborer une réflexion dans trois domaines : l’image des professions scientifiques, les freins et obstacles à l’exercice d’un métier scientifique par une femme et les solutions pour que davantage de filles s’engagent dans des études scientifiques.
Les échanges ont été très constructifs : chaque élève a « joué le jeu », d’abord en réfléchissant à des arguments et des exemples pour répondre à la question posée, ensuite pour écouter l’argumentation des autres groupes, enfin pour synthétiser le tout.
Ils sont arrivés aux conclusions suivantes : majoritairement, les filles n’arrivent pas à s’identifier à l’image d’une scientifique en plein travail, ce que les garçons expliquent en parlant de stéréotypes persistants. Pour aller vers les professions scientifiques, les filles aimeraient être davantage encouragées par leur famille et par l’institution scolaire. Elles aimeraient également être sûres de ne pas être victime de « l’effet Matilda » – c’est-à-dire se faire spolier son travail par des hommes.
Les garçons ont proposé des solutions très concrètes : cesser de pousser les filles vers des « professions pour les filles » et, au contraire, les pousser, dès leur plus jeune âge, vers des professions scientifiques. Ils ont même lancé l’idée de quota : il restait malheureusement trop peu de temps pour l’approfondir.
Que de pistes stimulantes, donc, impulsées par la présence de cette brillante scientifique tellement à l’écoute de nos jeunes, pistes reprises, approfondies, dépassées par eux !
Merci à Muriel Thomasset d’avoir délaissé une journée ses travaux en optique instrumentale pour venir dire à tous nos jeunes : « N’hésitez pas à vous engager dans des études scientifiques… et vous, les filles, hésitez encore moins : les sciences ont besoin de vous ! »
Natacha Sorkine


















